Deux parcours qui façonnent l’avenir de la santé des femmes
Pendant plusieurs années, les bourses de la Reine Elizabeth II – Afrique de l’Ouest ont permis à de jeunes chercheuses et chercheurs d’aller à la rencontre du terrain, de pousser leurs idées plus loin et de confronter la théorie apprise en classe à la vie réelle. Le programme est aujourd’hui fermé à l’UdeM, mais les récits de celles et ceux qui y ont participé continuent de témoigner de son impact.
Deux doctorant(e)s en santé publique de l'UdeM ont récemment vécu des expériences de recherche en Afrique. Deux voyages différents, mais un même fil conducteur : comprendre pour mieux agir.
Lalique Browne : apprendre en sortant du cadre
Lorsque Lalique Browne part au Bénin, elle n’apporte pas seulement ses outils de recherche : elle arrive avec une curiosité sincère pour comprendre comment une nouvelle loi sur l’avortement transforme le quotidien des femmes et des professionnels et professionnelles de la santé. Sa thèse se consacre d’ailleurs aux conditions d’accès à l’avortement dans le pays.
Sur place, elle est accueillie par le professeur Marius Kêdoté, codirecteur de sa thèse, et collabore avec l’ONG IPAS ainsi qu’avec le Centre de recherche en reproduction humaine et en démographie (CERRHUD). Très vite, le terrain devient pour elle un espace d’apprentissage qui dépasse la seule analyse scientifique.
«Cette expérience m’a fait réaliser que de sortir du silo exclusivement scientifique permet souvent de renforcer de façon importante la qualité de la recherche et le potentiel d’utilisation des résultats.»
Au fil des rencontres, des événements communautaires et des conférences, Lalique collecte ses données tout en tissant des liens. Son séjour représente bien plus qu’une étape méthodologique de son parcours doctoral : c’est une immersion qui nourrit sa réflexion, son réseau et sa vision de la santé sexuelle et reproductive.
Patrick Ntantu Nkinsa : un leadership qui se construit au contact des autres
Également doctorant en santé publique à l’UdeM, Patrick travaille sur l’évaluation du projet Raising Nurses’ Voices (RODECVV), un programme qui vise à soutenir le leadership féminin dans les soins infirmiers et à améliorer la prise en charge des violences basées sur le genre.
Son parcours le mène, lui, à Brazzaville au Congo. Au sein de la Brigade médicale congolaise (BRIMEDCO), Patrick multiplie les échanges, les ateliers, les formations. Il accompagne des femmes leaders, échange avec des jeunes participantes et participe à un mouvement plus large d’autonomisation et de prise de conscience.
«Ce stage a élargi ma vision du leadership engagé et m’a donné les outils pour influencer positivement les politiques et pratiques en matière d’autonomisation des femmes. En somme, cette expérience m’a appris qu’au-delà des projets et des chiffres, le véritable changement naît lorsque la connaissance se met au service de l’humain, et que le leadership devient un acte de solidarité et d’espoir.»
Son séjour lui donne non seulement des outils, mais aussi une perspective : celle d’un leadership qui n’existe vraiment que lorsqu’il s’exerce avec et pour les autres.
Un réseau de jeunes chercheuses et chercheurs engagés
Le programme des Bourses canadiennes du jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II vise à former un réseau dynamique de jeunes chefs de file et à engendrer des retombées durables grâce à des échanges interculturels.
Depuis 2023, plus d’une dizaine de boursières et boursiers ont réalisé des séjours de recherche à l’UdeM dans le cadre de ce programme soutenu par le gouvernement du Canada, qui met de l’avant la recherche en santé des femmes et la coopération internationale.
