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Audition et communication : des stages étudiants favorisant la collaboration internationale

Le projet de stages Audition et communication est le fruit d’une collaboration entre l’UdeM et plusieurs établissements d’Haïti. Piloté par Julie McIntyre, professeure à l’École d’orthophonie et d'audiologie, ce projet implique des étudiants et étudiantes de l'UdeM afin d’accompagner Haïti dans le développement de services en orthophonie et en audiologie.

Un projet aux dimensions multiples

Parmi les nombreux objectifs pédagogiques du projet pour les étudiantes et étudiants impliqués, on compte une fin de parcours très formatrice qui leur permet d’actualiser toutes les compétences et connaissances acquises dans un contexte où les ressources sont différentes, et ainsi de développer de la flexibilité et une capacité d’adaptation comme nulle part ailleurs.

Au-delà de l’expérience étudiante procurée, ces stages permettent d’offrir et de développer les services d’orthophonie et d’audiologie en Haïti, ces domaines n’y faisant pas l’objet de programmes universitaires. Il existe dans l’ensemble du pays un total de deux orthophonistes travaillant en cabinet privé. Ces soins ne sont donc pas desservis au sein des hôpitaux et écoles en tant que service public. Cependant, les besoins en la matière sont immenses. Le projet contribue ainsi à favoriser l’autonomie de la population en matière de compétences en audiologie et orthophonie. Une multitude d’actions sont mises en place, telles que des séances de sensibilisation et de la formation.

Cette sensibilisation rejoint des étudiants et étudiantes en médecine à l’Université d’État d’Haïti ou des groupes de pédiatres, leurs professions étant liées au sujet, mais aussi des enseignants d’écoles primaires et des éducatrices en garderies. Dans un objectif long terme de transfert des connaissances, les formations offertes à la population locale abordent les concepts d’évaluation et de dépistage, de stimulation et de recommandation. Des enfants identifiés comme ayant des difficultés d’audition ou de communication sont évalués ou dépistés en collaboration avec les intervenants sur place pour que ceux-ci puissent s’imprégner des procédés et mieux les recréer. 

La radio est également à Haïti un moyen de communication très efficace et répandu. Les stagiaires du projet d'ailleurs ont pu collaborer avec un médecin parlant français et créole pour diffuser à la radio communautaire des renseignements utiles au sujet de l’orthophonie et de l’audiologie, afin de sensibiliser les personnes moins informées.

La réalité sur le terrain

Les étudiants et étudiantes de l’UdeM qui participent aux stages sont, sur place, confrontés à des réalités de manque de ressources sur les plans humain et matériel. Cela rend toutefois l’expérience plus formatrice encore : certains disent s’être sentis devenir plus professionnels du fait de la débrouillardise dont ils ont fait preuve.

Le multilinguisme peut complexifier la tâche de l’évaluation du langage lorsque la personne qui intervient ne parle pas la même langue que son patient. Dans de telles situations, des interprètes, parents ou enseignants, sont généralement sollicités. La dimension internationale et interculturelle du projet a permis d’engendrer une empathie et une ouverture envers l’autre, tout en favorisant le travail collaboratif avec les intervenants sur place et les autres collaborateurs au sein de la mission. Ces apprentissages se transfèrent d’ailleurs bien dans un contexte québécois, comme le souligne Julie McIntyre.

Une collaboration fructueuse

Un des objectifs collatéraux des stages est d’aider au développement d’un programme de formation sur place pour intervenir sur les difficultés de langage ou de communication et pour offrir des services d’évaluation en audiologie ce qui est la mission de l’organisme Team Canada, partenaire de l’initiative. Des orthophonistes, audiologistes et audioprothésistes travaillent ensemble au sein de ce projet. Les échanges avec cette équipe de professionnels canadiens dans l’organisation sont enrichissants et ont créé de belles collaborations. Des étudiants et étudiantes de l’Université d’État d’Haïti sont également impliqués.

Selon Julie McIntyre, l’appui de la DAI a été essentiel à la réalisation du projet et à la formation d’une structure pour sa gestion et son organisation. L’initiative a eu lieu à deux reprises en 2017 et 2018, mais n’a pas encore revu le jour en raison des complications politiques en Haïti et du contexte de pandémie. Les partenaires sont cependant toujours en contact, la collaboration sur certaines actions se poursuit en mode virtuel et la possibilité d’une réitération future en présentiel à Haïti ou même ailleurs réjouit la professeure. 



Nous remercions Julie McIntyre pour son témoignage.

Ce projet a été soutenu dans le cadre du volet 4 (Formations dans un contexte de coopération internationale) du programme de financement de la DAI.